Qui Veut la Peau de Roger Rabbit (1988) - Les Chroniques du Mea

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    T'as fait la une des journaux Oui j'ai fait couler de l'encre
    Et quelle encre !
    Je t'en priiiiie, sortons d'ici. T'as un lapin sous le manteau Eddie, ou
    c'est la joie de me revoir ?
    Roger Rabbit est né en 1981 dans le roman Who Censored Roger Rabbit écrit par Gary
    K. Wolf, qui avait eu l'idée d'un monde mélangeant toons et humains après avoir
    vu une publicité pour des céréales à la télé (et inventa le mot « Toon » au passage).
    Le livre atterrit
    alors entre les mains de Thomas Wilhite, Responsable du Développement créatif de chez Disney
    et instigateur de cette période glauque de la firme avec des films comme Retour Au Pays
    d'Oz, Tron, Taram et le Chaudron Magique, pour vous situer le bonhomme c'est même
    lui qui autorisa Tim Burton à faire ses courts métrages chelous et qui produisit le Petit
    Grille Pain Courageux en 1987.
    Dès 1981 donc, Disney lança la production
    de Roger Rabbit sous la direction de Darrell Van Citters qui avait réalisé le très étrange
    Fun With Mr Future.
    Qu'est-ce que c'est que ce truc ?
    Un court métrage issu d'extraits d'une émission jamais diffusée
    pour le tout nouveau parc d'attraction Epcot de Disney.
    Au casting de ce Roger Rabbit, on trouve Mike Giamo, Chris Buck et Mike Gabriel (qui feront
    Pocahontas des années plus tard), les scénaristes Lowell Ganz et Babaloo Mandel du futur Splash
    ainsi que Jeffrey Price et Peter S. Seaman du pas terrible Meurtres à Malte de 1983
    avec Lois Lane dedans et qui feront le vraiment pas bien Les Mystères de L'ouest en 1999.
    Bref toute cette équipe commence à taffer sur Roger Rabbit en essayant tant bien que
    mal d'adapter la très mauvaise histoire du bouquin, où Roger est bel et bien coupable
    du crime dont on l'accuse, et meurt assassiné par un génie dans une théière.
    Bref de 1981 à 1983 tu sens qu'ils ne savaient vraiment pas dans quelle direction aller,
    avec Paul Reubens en Roger Rabbit et Mike Gabriel en Valiant mais c'est pas super
    au point, surtout qu'ils changent constamment de méchants avec d'abord Baby Herman, puis
    Jessica et bref ça marchait pas.
    Terry Gilliam fut appelé en renfort pour
    la partie live mais déclina par flemme en voyant la masse de taf à faire, et le projet
    fut également proposé à Joe Dante qui aurait bien aimé le faire, mais Disney ne l'a
    jamais rappelé. Ironiquement, Robert Zemeckis, aussi se proposa, mais Disney refusa vu que
    tous ses films jusque là avaient été des bides.
    Du coup, quand Michael Eisner reprend Disney en 1984, et voit que rien n'a avancé sur
    Roger Rabbit depuis 3 longues années, il parti voir Darrell Van Citters et lui tint
    à peu près ce langage (MAIS QU'EST-CE QUE VOUS AVEZ BRANLE BORDEL ?)
    de fait, Darrell, vexé, parti donc réaliser le dessin animé Sport Goofy in Soccermania
    histoire de prouver à Eisner qu'il pouvait gérer un projet (d'où la présence de
    Roger Rabbit dans les tribunes, voyez c'était pas un hasard, t'avais toute une histoire
    derrière). En parallèle, Eisner, sachant qu'un tel
    film demandait une masse de thune, alla voir son bon vieux pote Steven Spielberg que Michael
    avait sorti de la mouise en acceptant de produire les Aventuriers de L'Arche Perdue après
    le four de 1941. Surtout qu'Eisner savait que Spielberg était fan d'animation puisqu'il
    produisait au même moment Fievel et Le Nouveau Monde (que Disney avait refusé au départ).
    Spielberg accepta mais avec plusieurs conditions, déjà il voulait un contrôle quasi absolu
    sur le film, un droit de regard sur le marchandising avec 50% dessus, et 50% sur les bénéfices
    du film aussi hein tant qu'à faire. Et Eisner accepta, sans se douter un seul instant
    que Fievel et le Nouveau Monde allait faire plus d'entrées que Basil Détective Privée
    et que Spielberg allait s'associer avec Universal dans le domaine des Parcs d'Attractions,
    ce qui allait compromettre l'avenir du lapin. Mais nous n'en sommes pas encore là, et
    c'est alors que débarque Robert Zemeckis, tout fier du succès du premier Retour Vers
    le Futur, qui voit le livre de Gary K. Wolf sur le bureau de Steven, il lui raconte comme
    quoi il avait été débouté par Disney en 1981 et qu'il aimerait toujours réaliser
    un film dessus. (Et il a dit, Banco). Spielberg et Zemeckis partirent voir ensuite
    Darrell Van Citters et en voyant les premières images déplorables de Sport Goofy in Soccermania,
    le dégagèrent du projet.
    Et Pendant ce temps, l'animateur Richard
    Williams, qui avait obtenu l'oscar du meilleur court métrage en 1971 pour le Noël de Dickens
    produit par Chuck Jones, était en train de réaliser depuis bon nombre d'années The
    Thief and The Cobbler, inspiré des contes des mille et une nuits, et il cherchait à
    ce moment bon gré mal gré un financement. (Extrait Bigard : Et vous allez voir comme
    quoi tout s'enchaîne et tout est génial). En gros Williams parvient à contacter l'animateur
    vétéran Milt Kahl pour qu'il puisse travailler sur son film, mais Kahl a des problèmes de
    cœur et Williams est obligé de se déplacer à San Francisco. Le problème c'est que
    la seule salle de projection optimale dans le coin se situe au Skywalker Ranch de George
    Lucas, du coup Williams réserve la salle, le projectionniste kiffe le film, et le montre
    à Robert Watts, le producteur des Aventuriers de l'Arche Perdue, qui travaillait au même
    moment sur Roger Rabbit, et propose donc à Spielberg de voir le film.
    Au final, une rencontre est organisée entre Williams, Spielberg et Zemeckis qui font part
    de leurs problèmes sur le projet Roger Rabbit, et après une heure trente de discussion,
    Richard Williams est engagé. En effet, celui-ci venait justement de réaliser pour le compte
    de Disney des publicités Fanta mélangeant prise de vue réelles et personnages animés,
    rompant avec toutes les règles habituelles de ce genre de projet. Oui, habituellement,
    le sol doit être plat, les interactions limitées au minimum et tout ce beau monde doit être
    éclairé platement, sans la moindre ombre. Pour la faire brève, Richard Williams pense
    que ce sont des techniques de branleurs, et que plus tu ajoutes d'ombres, de relief,
    de mouvements de caméras et d'interaction plus c'est réaliste et plus on y croit.
    De fait, il conseille
    à Zemeckis de filmer le long métrage comme il l'entend, avec la lumière et les mouvements
    de caméras de son choix et que ce sera ensuite aux animateurs de s'adapter (à condition
    de laisser un trou dans l'image pour animer les persos, hein, quand même).
    Du coup, Williams et Zemeckis réalisèrent une séquence test transgressant toutes ces
    règles à la con, avec des changements de lumière, des escaliers, un milliard d'interactions
    avec le décor et Joe Pantoliano des Goonies en Eddie Valiant tiens c'est marrant.
    Tu vas bien mon chéri ? Non...
    Et pour mieux faire accepter cet univers au spectateur, Zemeckis voulu débuter le film
    par toute une séquence animée, inspirée des cartoons de Tex Avery et montrant le lapin
    en victime pour le différencier de Bugs Bunny.
    Et via une transition subtile, fait
    passer le dessin animé dans le monde réel en transgressant, justement, toutes les anciennes
    règles à la con de Disney, en un long plan séquence avec un mouvement de recul, Joel
    Silver qui engueule Roger, Baby Herman qui passe dans une zone d'ombre et fait voler
    la jupe, la chaise au premier plan, le petit détail de Roger qui tire la manche de Silver,
    et ça conclue sur Valiant qui apparait dans le coin et nous dit 'Les Toons… ' voilà,
    un plan séquence d'exposition typique de Zemeckis qui te fait comprendre tout l'univers
    du film en une seule prise, un peu comme le plan d'intro de Retour Vers Le Futur.
    Il te refait le coup avec Valliant qui s'endort sur son bureau, où tu comprends que son frère
    est mort, qu'ils ont été à un moment les stars de Toonville, qu'ils ont été
    dans un cirque, ce qui est un foreshadowing pour la fin et ça conclue sur Valiant ivre
    mort réveillé par un ancien collègue. Qui se fait étrangler par Vador dans le premier
    Star Wars.
    Oh, on va pas me tuer parce que j'ai pris deux-trois photos pas très jolies !
    Voilà, t'as toutes les infos dont t'as besoin en un plan.
    Et déjà ce genre de plan c'est galère à mettre en place, alors IMAGINEZ si en plus
    faut intégrer des toons comme lorsqu'Eddie se balade dans les studios Maroon avec tout
    le casting de Fantasia et une cigogne sur un vélo.
    Pis faut pas oublier que chaque scène était tournée plusieurs fois, une fois avec des
    marionnettes en taille réelle pour servir de référence aux acteurs,
    puis la scène était ensuite retournée, sans les marionnettes, et les acteurs devaient
    donc se rappeler la position des bestioles. Sans compter qu'en plus
    L'animation ne fut pas rajoutée au jour le jour pendant le tournage, hein, mais seulement
    après que toutes les scènes furent tournées, montées (au feeling donc, puisqu'il n'y
    avait pas les toons) et c'est UNE FOIS le tout monté, que chaque image destinée à
    accueillir un ou plusieurs toons (et je vous rappelle qu'il y a 24 images par secondes
    au cinéma) fut tirée en noir et blanc pour servir de référence aux animateurs, ce qui
    faisait, selon Richard Williams, 82 080 images à remplir.
    ET CE N'EST PAS TOUT
    Puisque histoire de renforcer l'illusion, ils ajoutèrent également des couches successives
    d'effets de lumières afin de donner du relief aux personnages,
    et à l'ancienne, avec des calques et tout
    le tintouin, plus de 80 passages à l'imprimante et pas d'ordinateur, c'est pour ça qu'on
    ne voit la robe scintillante de Jessica que lors de sa première apparition, parce que
    c'est fait à la main, et c'était beaucoup trop galère à faire. Le seul taf d'ILM
    durant toute la production fut de synchroniser tout ça, pas de synthèse ni de CGI.
    Jsuis pas mauvaise, je suis juste dessinée comme ça.
    Alors effectivement c'est fastidieux, mais ça paye, on a vraiment l'impression que
    les toons sont présents, à la différence de cette merde de Cool World où t'as Brad
    Pitt qui sait jamais ou mettre son bras, qui masse dans le vide, et tu crois pas un seul
    instant à la présence des toons parce que t'as justement pas tout ce taf sur le relief.
    Toute façon même Bakshi il dit que Cool World c'est de la merde
    Et bien évidemment, Zemeckis s'amusa pendant le tournage, à ajouter une masse de contraintes
    techniques, toujours pour renforcer l'illusion, comme Dumbo derrière les stores là, ça
    à l'air de rien mais c'est énorme, et surtout ce fameux passage où Eddie n'arrête
    pas de se cogner dans la lampe, ajoutant des mouvements de lumières constants dans le plan.
    Il est toujours aussi drôle ou juste les jours où il est recherché pour meurtre ?
    Ecoutez, ma philosophie est la suivante : quand on a pas un bon sens de l'humour, vaut mieux être mort.
    Et il faut savoir que Spielberg et Zemeckis auraient d'abord préféré
    Bill Murray dans le rôle de Valiant mais ils ont jamais réussi à le joindre (Bill
    Murray a toujours regretté avoir manqué cette opportunité) pis ils proposèrent le
    rôle à Eddie Murphy qui refusa pensant que le film allait être un désastre (il regretta
    tout le reste de sa vie), Finalement ce fut Bob Hoskins, qui impressionna les réals durant
    les essais, et en plus il n'était pas cher. Ill faut savoir qu'il ne sorti pas indemne
    du tournage puisqu'il s'est tapé des hallucinations durant des mois.
    Mais c'est justement parce qu'il était autant à fond dans son rôle qu'on croit
    à la présence du lapin. Parce que t'auras beau avoir tous les meilleurs effets spéciaux
    du monde, si t'as tes acteurs qui n'y croient pas, c'est même pas la peine. Là
    il faut se dire que non seulement Bob Hoskins doit se mouvoir en se rappelant constamment
    de la position du lapin, tout en pensant à se bouffer la lumière, suivre ses marques,
    son texte, et faire bouger lui-même les menottes pour coller à la présence de Roger.
    Pis à la différence des Looneys Tunes Passent à l'action par exemple où ils ont pu utiliser
    de la synthèse pour les manipulation d'objets, là c'est que des objets réels, donc il
    a fallu construire des pianos automatiques, des robots cracheur de flotte ainsi que des
    décors de malade afin de cacher tout les marionnettistes.
    Le plus fou reste pendant l'intro de Jessica où tu te dis, non c'est pas possible, ils
    ont pas pu faire des mouvements aussi fluide avec des robots et des fils, et effectivement,
    ils ont en fait d'abord tourné la scène avec l'actrice Betsy Brantley dans la peau
    de Jessica, grâce au tout nouveau système Vistavision permettant d'enregistrer les
    mouvements de caméras sur ordinateur, afin de les reproduire à l'infini, ils ont retourné
    la scène, sans l'actrice, mais en gardant les mêmes mouvements de caméra, ce qui leur
    a permis de garder les mains de Betsy sur Marvin Acme, et d'effacer le reste de son
    corps de l'image afin de le remplacer par la physique irréelle de Jessica, une technique
    que Zemeckis réutilisera pour faire les scènes de doubles dans Retour Vers Le Futur 2.
    Et il faut savoir que Jessica
    n'eut sa forme finale qu'après le tournage, ce qui explique pourquoi la Jessica du
    journal ne ressemble pas du tout à celle du film.
    En gros la première Jessica était beaucoup
    trop réelle, du coup l'animateur Russell Hall lui a affiné la taille, modifié son
    visage et remarquez que ses seins rebondissent vers le haut et non vers le bas. C'est un
    détail à la con mais ça montre qu'elle n'est pas humaine.
    Et pour Roger Rabbit, Richard Williams décida d'en faire un hommage au monde du cartoon,
    du coup Roger possède les joues de Bugs Bunny, la mèche orange de Droopy, les gants et les
    bretelles de Mickey, le bas du pantalon de Dingo et le nœud pap de Porky.
    En français c'est Luq Hamet qui fait la voix.
    Personne ne tombe par surprise sur Roger Rabbit !
    Oh dur c'est pas le pied.
    Ce qui fait que t'as à la fois Luq Hamet et Pierre Hatet dans le film !
    On rase gratis...
    Demaiiiin !
    Comme dans les Retour vers le futur.
    Nom de Zeus ! Je sais, c'est pas le pied !
    Jessica elle, est doublée par Tania Torrens, la voix
    française de Sigourney Weaver,
    Je ferais n'importe quoi pour mon mari monsieur Valiant, n'importe quoi.
    Ne la touche pas, sale pute !
    Et Bob Hoskins est doublé par le regretté Marc
    de Georgi qui faisait le lieutenant Harris dans les Police Academy.
    Un officier de police doit inspirer respect et confiance.
    Ouga bouga !
    Pendant ce temps, Spielberg lui, ne chomait pas, et avant d'aller tourner l'Empire
    du Soleil en Asie, il fit jouer tous ses contacts à la Warner pour obtenir les droits de certains
    personnage pour 5 000 dollars par perso. Ce qui est drôle, parce que Disney avait demandé
    la même chose en 1981 mais la Warner les avait rembarré, mais ce coup-ci la Warner
    imposa ses conditions : déjà, Bugs Bunny et Daffy Duck devaient avoir exactement le
    même temps d'apparition à l'écran que Mickey et Donald (mais les animateurs trichèrent
    en foutant un Bugs furtif ici) Je suis une peau de vache hein Et surtout, le design des
    persos devait être basé sur le look actuel des toons et non pas sur les versions précédentes,
    sauf que Zemeckis, lui, voulait la version des dessins animés de Robert Clampet, qui
    débuta à la Warner comme animateur et créa Daffy Duck dans le Porky's Duck Hunt de
    Tex Avery (d'où le Daffy à long cou de la scène du piano avec Donald, et le « WOUHOU
    WOUHOU » typique de ses premiers cartoons)
    et d'où le Titi du film qui ne ressemble
    pas du tout au Titi qu'on connait des cartoons avec Sylvestre le chat réalisés par Friz
    Freleng, mais à celui de sa première apparition, A Tale Of Two Kitties, réalisé… par Robert Clampett.
    - Salut Titi ! - Ce petit doigt il est allé au marché, ce petit doigt il est resté à la maison,
    ce petit doigt il a vu un Rominet, et ce petit doigt...
    Ohohoh, y a plus de petit doigt.
    Et comment ça se fait que la Warner laissa
    filer ? Bah ils ont menti L'animateur Dave Spafford chargé des persos
    Warner faisait deux versions des personnages, une « récente » afin d'être montrée
    au studio et une « vieille » afin d'être intégré dans le film, et lorsque la Warner
    vit la scène du piano avec un Daffy de Clampett au lieu de la version récente…bah il était
    trop tard pour changer et du coup ils demandèrent à Disney de dégager Spafford qui continua
    à travailler ensuite sur Roger Rabbit, mais sous un faux nom.
    De toute façon, Richard Williams avait insisté pour foutre le studio d'animation à Londres
    et non pas à Burbank dans les locaux de Disney, justement pour être loin d'Hollywood et
    qu'on lui fiche la paix.
    Et mis à part Disney et Warner, t'as aussi des persos d'autres compagnies comme Droopy
    de la MGM (doublé par Richard Williams en VO) Betty Boop des studios Fleisher, et c'est
    Mae Questel qui fait la voix, comme à l'époque, ici on voit rapidos Koko le clown des studios
    Fleisher (le premier à mélanger prises de vues animées et prise de vues réelles) et
    y'a quelques persos que Spielberg ne put avoir comme Popeye, qui avait pourtant été
    dessiné sur le storyboard et même Felix le Chat (mais pareil, ils ont grugé puisqu'on
    le voit quand même ici sur le tunnel).
    Et bref je pourrais continuer à parler de ce film durant des heures, sur le fait que
    l'intrigue avec les bus rouges est calquée sur l'arnaque à l'eau potable du film
    Chinatown, sans la partie inceste et pédophilie, et qu'elle est aussi basée sur un fait
    réel à savoir le rachat des transports publics de Los Angeles par une filiale de General
    Motors afin de vendre plus de voiture (une histoire qui se solda par un procès en 1949,
    et un paysage de Los Angeles à jamais défiguré, d'où un discours du juge doux-amer pour
    les Angeleno, puisque si son plan a foiré dans le film, c'est tout le contraire dans
    la vraie vie.
    Bientôt, là où Toonsville s'élevait autrefois, on verra une rangée de stations d'essence,
    quelques motels bon marché, et de magnifiques, magnifiques panneaux d'affichage pouvant être vus jusqu'à la ligne d'horizon !
    Mon dieu, ça va être merveilleux. Non.
    D'ailleurs le logo de Cloverlief fait référence aux échangeurs d'autoroutes qui ressemblent
    à des trèfles à 4 feuilles, et d'ailleurs, contrairement à la croyance populaire, Cloverlief
    n'est pas le nom d'une suite annulée de Chinatown, Robert Towne, le scénariste
    de Chinatown, a toujours réfuté.
    Et tant qu'on est dans les détails à la con, sachez que le film se déroule le 14 et 15 août 1947,
    ce qui ne colle pas avec l'apparition de Bip Bip et le Coyote
    à la fin (qui ont été inventé deux ans plus tard, mais on a qu'à dire qu'il
    glandaient dans le coin avant d'être repéré par la Warner), puis pareil pour Speedy Gonzales, inventé en 1953,
    ni avec le Dingo Gymnastic
    projeté au cinéma qui date de 1949, mais comme c'était le seul cartoon un peu violent
    de Disney, bah Zemeckis fut obligé d'utiliser celui-là.
    Ils tournèrent les scènes de l'entrepôt 24h/24 car il allait bientôt être détruit,
    la voiture de Jessica est tiré de Faye Dunuway dans Chinatown, et que comme cette scène fut tournée à
    Londres et que ce plan là a été tourné à Los Angeles (devant les Red Studios, qui
    servirent aussi dans The Artist), bah la caisse a du être trimballée par bateau.
    D'ailleurs la scène où Roger regarde les photos de Jessica
    est aussi une référence à Chinatown, même qu'il se bouffe les rideaux comme Burt Young au tout début du film.
    Et arrête de bouffer mon store vénitien, il est posé que de mercredi dernier.
    Et il faut savoir qu'elle fut animée par
    Phil Nibbelink le co-réalisateur de Fievel au Far West, tandis que Simon Wells, son collègue
    sur Fievel et réalisateur du toujours très chouette Balto chien-loup héros des neiges,
    et du Prince d'Egypte a animé tout le passage de Roger au cinéma.
    Edddie ! Blblblblbl. Mon dieu, ça ne te fait rien ?
    La scène où Eddie et Dolores expliquent le scénar a été retourné plusieurs mois
    après le tournage, donc il a fallu à nouveau mettre la main sur la caisse de Chinatown,
    comme le baiser entre Eddie et Roger aussi qui a été rajouté après le tournage,
    même qu'ils ont dû reconstruire le mur du coup,
    qu'on voit les rails de travelling
    là sur le fourgon, et que Michael Eisner n'était tellement pas content qu'un film
    Disney se termine par Porky Pig, que Zemeckis dû rajouter la fée clochette en conclusion.
    D'ailleurs tant qu'on est sur la fin,
    va savoir pourquoi l'année 1988 était l'année du rouleau compresseur, Y'A-T-il
    un flic pour sauver la reine se conclue par un type écrasé par un rouleau compresseur,
    Un Poisson Nommé Wanda se conclue par un type écrasé par un rouleau compresseur et
    Qui Veut la Peau de Roger Rabbit se conclue AUSSI par un type écrasé par un rouleau
    compresseur. Et le juge c'est une marionnette en Stop Motion, c'est pour ça que c'est
    flippant, d'ailleurs t'as une théorie comme quoi le juge Demort pourrait être en
    vrai Peter Possum du cartoon Pistol Packin Possum que tu vois dans le bureau de RK Maroon,
    vu qu'il a le même flingue et exactement le même regard.
    Toute façon t'as une pléthore de détails visible uniquement en image par image comme
    Blanche Neige qui accompagne la sorcière chez le marchand de pommes, là c'est l'équipe
    du film caricaturé, tu reconnais aisément Spielberg et Zemeckis, dans le train à la
    fin à toutes les fenêtres t'as quelqu'un qui meurt, et t'as une masse de vannes puériles
    qui furent censurés après la sortie du Laser Disc comme Baby Hermann qui fait un doigt,
    Jessica qui montre son intimité ou le nichon de Betty Boop. Forcément, quand ça s'est
    su, Disney se dépêcha de retirer tous les premiers laser-disc de la vente.
    Après y'en a qui sont restées comme le regard complice que lance Betty Boop à Bugs
    Bunny et sa carotte, et le « si tu veux passer un bon moment, appelle Alice et ses merveilles
    » dans les chiottes d'ailleurs,
    Roy E Disney, le neveu de Walt Disney, qui se chargeait encore du département de l'animation
    à l'époque avait justement trouvé que les sous-entendus sexuels de Roger Rabbit,
    bah ça faisait pas trop Disney, et du coup, Katzenberg passa le film sous le giron Touchstone,
    la branche sérieuse de Disney, une semaine seulement avant la sortie du film. Tout le
    contraire de Rocketeer souvenez-vous, qui passa de Touchstone à Disney, ce qui causa
    en partie l'échec du film. Et tant qu'on est dans les échecs, vu que
    l'Aventure Intérieure de Joe Dante avait bidé à cause d'une campagne marketing
    bidon, Spielberg ne voulu pas reproduire les mêmes erreurs, et Roger Rabbit connut une
    campagne publicitaire sans précédent, avec des jouets (un peu nul), des jeux vidéo (un
    peu nul, mais j'en parlerais une prochaine fois), des spots tv, et un partenariat avec
    McDonald. Et le 22 Juin 1988, il y a donc 30 ans, Roger Rabbit sorti sur les écrans
    américains, engrangeant 156 millions de dollars sur le territoire américain,et 330 dans le
    monde (il sorti le 18 octobre en France)
    Attirant, grâce au mélange des genres, un public peu habitué au domaine de l'animation,
    et, de ce fait, lança justement l'intérêt du grand public pour le dessin animé au cinéma,
    ce qui permis l'arrivée du nouvel âge d'or de l'animation.
    Il remporta un oscar pour le montage, un pour le son, et un, forcément pour les effets
    spéciaux tandis que Richard Williams obtint un prix spécial pour l'animation.
    Mais Williams avait la victoire amère puisque Spielberg et Disney lui avait promis de produire
    et financer The Thief and The Cobbler, mais Katzenberg voulait changer des trucs et Richard
    Williams refusa. Comble de l'ironie, le film sera ensuite
    acheté par la Miramax des frères Weinstein qui le sortirent dans une version massacrée
    sous le titre Arabian Knight en septembre 1993 (typique des Weinstein, Harvey n'était
    pas qu'un salopard d'harceleur, c'était aussi un producteur de merde), 1993 donc juste
    un an avant que Disney achète la Miramax, c'est con, mais surtout un an après le
    Aladdin de Disney, qui ressemble TRES CURIEUSEMENT au film de Williams, surtout qu'on retrouve
    Andreas Déjà à la création de Jafar, un animateur qui avait taffé sur Roger Rabbit
    et donc vu le film de Williams, puisqu'il l'avait projeté à toute l'équipe.
    J'adore Aladdin, mais entre le Trésor de la Lampe perdue et ça, ça commence à faire
    beaucoup niveau repompe quand même… surtout que Peter Schneider de Disney l'avoue dans
    ce bouquin. De fait, 30 ans après sa sortie, Qui Veut
    la Peau de Roger Rabbit n'a pas pris une ride et reste un véritable tour de force
    rendu possible grâce au travail combiné de Spielberg, Zemeckis et Richard Williams,
    sans compter la musique d'Alan Silvestri et la photographie de Dean Cundey, un habitué
    des films à effets spéciaux puisqu'il avait aussi filmé The Thing, et fera Jurassic
    Park 5 ans plus tard, et c'est justement grâce aux leçons de mise en scène acquises
    durant le tournage de Qui Veut la Peau de Roger Rabbit que Steven Spielberg put rendre
    ses dinosaures aussi crédibles. Et là je vous ai causé que de l'aspect
    technique du film, et si vous voulez en savoir plus sur les thématiques des romans et du
    film, y'a la vidéo de Ginger qui en parle très bien.
    et je sais que je n'ai pas encore causé des dessins animés et des jeux, mais ce sera
    peut-être pour une prochaine fois car avant ça, j'ai encore un autre anniversaire à
    célébrer
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